Soldats ! Oui présents !

Publié le par Marie-Pierre et Jean CANTIN

       Depuis plusieurs mois déjà, avec d'autres habitants de la paroisse, nous sommes devenus des soldats. Pourtant, nous n'avons pas fait l'armée et surtout nous n'avons aucun fusil ou autre outil de ce genre. Enfin, notre seule arme est l'AMOUR et notre combat est une lutte contre les problèmes DAVIS. D comme Drogue, Découragement; A comme Alcool, Agression; V comme Vol, Viol, Violence; I comme Ignorance, Indifférence; et enfin S comme Sida, Suicide.

Ces problèmes découlant les uns des autres et ayant parfois la même cause, il semble bon de lutter contre l'ensemble et non contre un seul. En décembre, nous avons déjà mis un article sur Anti-DAVIS. Nous étions alors dans un groupe sur la capitale.

En janvier, nous avons commencé à prendre contact avec quelques personnes de la paroisse que le curé connaissait et qui était déjà dans la lutte contre la drogue et l'alcool. En février, nous avons pu avoir une première réunion pour parler de la mise en place éventuelle d'un pèlerinage anti-DAVIS sur la paroisse. A la première réunion nous devions être une petite dizaine puis seulement une demi-douzaine pour la seconde. Le responsable du groupe A sur Cassis et de Lacaz A est venu expliquer à ces quelques personnes ce qu'est anti-DAVIS.

Sur conseil du curé, la petite équipe a envisagé de concentré son action dans un seul petit quartier de la paroisse. Le quartier choisi a été le quartier NHDC, c'est en fait un peu l'équivalent des quartiers HLM français avec le même style de réputation, en pire pour ce qui est de la drogue. Fin mars, le noyau y a organisé une première rencontre sur l'état des lieux de ces problèmes dans l'île et aussi un peu dans le quartier. De mi-avril à mi-mai, il a proposé une série de quatre formations en invitant les paroissiens mais aussi les habitants du quartier. Les 4 thèmes ont été: Qu'est ce que le SIDA? Qu'est ce que la drogue; quelle vie avec? Qu'est ce que l'alcool, quelle vie avec? Désintoxication, chute et rechute, comment faire et pourquoi? Enfin, fin mai l'équipe a pu organiser une rencontre autour du créateur du projet qui nous a expliqué la philosophie d'anti-DAVIS. Environ 75 personnes sont venues, ce qui était déjà un grand succès. Mais la question était de savoir si elles étaient venus réellement pour le sujet ou si c'était juste pour la présence du curé ou encore celle de l'intervenant. En effet, pendant tout le temps des formations, l'équipe s'est parfois découragée par le peu de participants.

Depuis le mois de mai, une réunion de soldats est organisée chaque troisième mardi du mois. Au minimum, il y a eu 17 personnes qui sont venues. Nous avons été très heureux de constater que même pendant notre absence en juillet (nous étions en France pendant trois semaines) la réunion des soldats a bien eu lieu et qu'en plus, même si le noyau s'est retrouvé réduit, il a quand même réussit, grâce à quelques personnes, à se réunir et à travailler. Même si le projet repose encore beaucoup sur les heures que Jean passe à le préparer et à l'organiser, nous avons bon espoir qu'il continu à bien tourner après notre départ. Car malheureusement, ce combat contre DAVIS ne peut être gagné en une seule année et c'est un long travail de fond qui commence. Le fait que nous soyons des étrangers a sans doute été un atout supplémentaire à la prise de conscience du problème. En effet, les mauriciens, comme nous l'avons déjà dit mainte fois, sont les champions de l'accueil. Et, ils ne voudraient pas qu'il nous arrive un malheur alors quand on met notre nez dans la lutte contre les problèmes DAVIS, ils n'ont pas trop envie de nous laisser seuls. Même si anti-DAVIS a été crée par et pour des mauriciens, et donc que nous n'avons rien inventés, mais seulement mis en place dans un nouveau lieu quelque chose qui existait déjà ailleurs, le fait d'être français a sans doute été un plus, à la fois dans par notre sens de l'organisation et dans le fait que les mauriciens nous accordent plus facilement confiance.

Le 4 septembre nous avons eu notre premier pèlerinage anti-DAVIS. Tous les jeudis jusqu'au 2 octobre, nous aurons donc un pèlerinage dans chaque groupe d'immeubles (5 au total) et espérons qu'Anti-DAVIS sera un bon virus qui saura envahir d'autres quartiers de la paroisse qui souffrent eux aussi de ces mêmes problèmes. Mais le plus difficile pour le moment est de convaincre les mauriciens que ce combat en vaut la peine, et est surtout indispensable pour l'avenir du pays. Alors que les problèmes DAVIS touchent un quart de la population, la mobilisation contre ces fléaux reste bien faible aussi bien par la population que par les responsables politiques. 

Publié dans Nos activités

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