L’aventure du Corps de Garde

Publié le par Marie-Pierre et Jean CANTIN

    Il est grand temps de vous raconter notre aventure du 28 novembre dernier. Puisque vous avez eu des nouvelles depuis c’est que nous sommes toujours en vie !
  Rose Hill est une ville qui est surplombée par une jolie montagne qui culmine à 719 mètres et qui s’appelle le Corps de Garde. Derrière cette montagne il y a un réservoir d’eau qui s’appelle La Ferme. Un jour de novembre, une jeune de 15 ans de la paroisse, avec sa maman, nous demande si nous avons déjà été sur le Corps de Garde et si nous avons déjà été à La ferme. Nous avons répondu par la négative mais il est vrai que grimper cette montagne nous faisait bien envie. Nous ne connaissions que la face cotée Rose Hill de cette montagne qui est une vraie falaise mais la crête semble facilement accessible.
  Finalement, de manière informelle nous rassemblons quelques jeunes et décidons ensemble d’aller à La ferme en montant sur le Corps de Garde et de redescendre de l’autre coté. Nous sommes un petit groupe de 7 : trois filles de 15 à 19 ans, un garçon de 16 ans, une fille de 8 ans qui a voulu venir et nous deux. Nous sommes partis vers 10 heures 45, le rendez-vous avait été donné à 10 heures avec le pique-nique. Nous nous sommes laissé guidé par les jeunes mauriciens qui pour certains étaient déjà montés. Nous sommes arrivés à mi-hauteur sans problème et finalement avons continué jusqu’en haut. Afin de nous récompenser de cet effort, nous prenons le pique-nique au sommet puis vient l’heure de redescendre vers La ferme. Les jeunes commencent à s’engager dans un chemin un peu raide et douteux. A tour de rôle, Jean, Marie-Pierre et la jeune de 19 ans demandent s’il y a vraiment un chemin. A chaque fois les jeunes de tête répondent « oui il y a un chemin plus bas ». Malgré nos doutes, nous faisons confiance et notre petit groupe s’engage. Plus nous descendons et plus le chemin devient raide et difficile. Au bout de 200 mètres, impossible de faire demi-tour, il faut continuer à faire le chemin ! Chaque jeune avait un portable et régulièrement, les parents appelaient. Pendant deux heures, la réponse est invariable : « on descend », « oui c’est un peu long », « on descend vers la ferme… » A un moment, les arbustes sont tellement denses qu’on ne sait pas s’il faut passer dessus ou essayer de passer dessous ! On commence sérieusement à envisager d’appeler les secours mais nous sommes sous les fourrés et donc impossible d’être repéré. Nous (MP et J) prenons donc enfin la direction des opérations et arrivons à trouver un rocher sans arbres bien visible du bas. Le groupe décide donc de prévenir les parents que nous sommes perdus ! Impossible de trouver un chemin pour rentrer et il est 16 heures. Il fait nuit vers 19 heures. Les parents préviennent les secours (SMF : Spécial Mobile Forces). Nous ne bougeons plus de notre rocher en plein soleil et nos réserves d’eau sont épuisées ! Du bas de la montagne, les parents puis les secouristes arrivent à nous repérer. Pour nous tout va bien : personne n’est blessé, on est un peu inquiet mais il n’y a personne qui panique, on chante, on rit, on dit aussi quelques Notre père et nous nous confions à Sainte Odile (Patronne de l’église situé juste au pied de la montagne), on chante des chants d’église mais aussi des chants profanes et on discute. En bas, les parents sont quand à eux beaucoup plus paniqués car du bas, ils voient une falaise un peu plus bas que nous ! Les portables fonctionnent aussi très bien et nous sommes en permanence en contact avec les parents, différents postes de police, les secouristes… Nous avons l’ordre de ne pas bouger.
  Les secouristes partent à pied vers 18 heures pour venir nous chercher. Petit à petit, et au fur et à mesure des appels sur les portables nous comprenons que toute la paroisse est au courant que nous sommes coincés sur le Corps de Garde !
  Nous assistons à un magnifique couché de soleil et, avec la disparition du soleil, l’intensité de notre soif diminue. Il fait nuit, nous n’avons pas de lampes de poche et heureusement que nous sommes à Maurice car la nuit n’est pas froide, au minimum 20 degrés Celsius.
Nous entendons que les secouristes approchent doucement. Pour les aider à nous trouver Marie-Pierre fait régulièrement, sur leur demande, des Flashes avec l’appareil photo numérique ! Enfin vers 20 h 45 les secouristes nous rejoignent. Les secouristes avaient pour eux dans leurs sacs une bouteille d’eau gazeuse et une bouteille d’eski (limonade mauricienne). Grâce à leur gentillesse, nous avons donc pu, un peu, étancher notre soif avant de repartir. Ils nous tracent un chemin vers les parents qui nous attendent avec impatience mais qui sont déjà rassurés de savoir les secouristes avec nous ! Nous (MP et J) sommes aussi rassurés au début, mais au fur et à mesure que nous avançons, nous nous rendons compte qu’en fait les secouristes ne connaissent pas la montagne, ils font le chemin et nous font passer par des endroits bien dangereux. Heureusement, qu’il faisait nuit, cela nous a évité de voir trop bien les falaises sur lesquelles nous sommes passées !!!
    Enfin, les secouristes ont réussit à nous ramener à bon port. Les parents ont retrouvé leurs enfants et nous-mêmes sains et saufs mais il était tout de même 1 heure 30 du matin ! Nous (MP et J) nous sentions coupable d’avoir été dans cette situation mais les parents nous ont au contraire remercié car tout c’est bien terminé.
  Grâce à cette aventure, nous avons découvert la gentillesse des secouristes mauriciens et du point de vu français leur non professionnalisme.
Enfin le lendemain, nous avons appris que certaines personnes de la paroisse avaient prier pour nous (prière exaucée car tout le monde a pu rentrer chez soi !).
Par la suite, tous les jeunes se sont rapidement remis de cette aventure, les parents plus difficilement !
  « C’était une bonne aventure » nous disent les mauriciens, nous corrigeons : « c’était une aventure mais nous n’avons pas envie de la recommencer !»
l'aventure en photos

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