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Mercredi 11 juin 2008

       Vivant pleinement au contact de la population, nous avons un aperçu du système scolaire mauricien. Grâce aux cours de valeurs humaines, nous avons pu l’observer par nous-même. Ce qui nous amène à nous satisfaire du système éducatif français même s’il a ses imperfections.

Comme en France, l’école est obligatoire de 6 à 16 ans et il existe plusieurs écoles maternelles (ou pré-primaire). L’année de leurs 6 ans, les enfants rentrent en First (première, équivalent du CP) et, automatiquement passe dans la classe supérieure tous les ans. A 11 ans, ils sont donc en dernière année de primaire (qui dure 6 ans) et passe un examen : le CPE (Certificate of Primary Education). Les cours sont dispensés en anglais, quelques fois expliqué en créole, seul le cours (obligatoire) de français est dispensé en français. Comme nous l’avons déjà dit, la langue maternelle des mauriciens est le créole. Le taux de réussite (voyons le coté plein du verre !) est de 60%. SEULEMENT !

Dans les 40% qui échouent, il y a de nombreux enfants qui ne maîtrisent pas la lecture.

Le collège est l’école secondaire, il correspond au collège plus lycée français. Il dure sept ans et est sanctionné par un examen : le HSC (High School Certificate), diplôme anglais équivalent au Bac. Les cours sont toujours dispensés en anglais sauf celui de français qui l’est en français. Il n’y a plus de promotion automatique, donc les élèves peuvent redoubler. Le collège n’accepte pas les élèves de plus de 20 ans.

Depuis quelques années seulement, il existe un système secondaire parallèle : le pré-vocationnel, qui accueille les enfants ayant eu un très bas niveau au CPE ou ceux qui ont échoué. Cette fois-ci, les cours sont en créole, ils apprennent l’anglais et le français mais aussi quelques matières manuelles (couture, cuisine, menuiserie…). C’est une filière plus professionnelle. Cette filière dure trois ans et à la fin, les élèves peuvent, soit chercher un travail, soit entrer en Form I. Comme vous l’aurez compris, un élève qui poursuit sa scolarité sans échec par la filière traditionnelle, arrive au HSC à 19 ans soit un an avant la limite d’âge de fin de scolarité dans le secondaire. Avec ce système, un jeune qui a suivi la filière prévoc peut passer de justesse le SC (2 ans avant le HSC) et ne pourra jamais continuer ses études jusqu’au HSC.

Il existe différents type d’écoles et de collège : publics, privés avec subventions de l’état et les privés complets. Ces derniers sont souvent des écoles internationales, écoles françaises ou anglaises et dont les élèves sont soit des enfants d’expatriés soit des enfants mauriciens issus de la grande bourgeoisie ou encore des enfants de ministres. Parmi les collèges privés sous contrat, on distingue des collèges confessionnels et non confessionnels.

Les collèges publics et privés sous contrat, choisissent leurs élèves en fonction des résultats au CPE. Ce qui fait qu’il y a de très bons collèges (les premiers collèges sont publics) et d’autres dont la réputation est nettement inférieure. Les collèges ne sont pas mixte, et chaque collège à son uniforme spécifique. Ainsi, dans la rue, en début d’après-midi après les cours, on croise souvent des jeunes dans la rue et on peut savoir de quel collège exactement ils viennent.

Pendant toute la scolarité des jeunes mauriciens, l’accent est mis sur la compétition et la réussite.

Cela se retrouve aussi beaucoup au niveau du sport. Chaque école et collège organise un sport day (jour du sport) avec récompense par des médailles pour les meilleurs athlètes. Puis il existe des tournois inter-établissements…Si un élève a des résultats scolaires médiocres mais rapporte des médailles sportives pour l’établissement, il a toutes ses chances de pouvoir passer dans la classe supérieure dans son collège voire d’intégrer un meilleur collège.

Les cours ont lieu de 8h30 à 14h30 du lundi au vendredi. Les professeurs sont payés par l’état pour leur travail mais le système mauricien fait que ces mêmes professeurs reprennent la même classe une à trois fois par semaine de 15h à 17h, parfois 19h, en étant payé cette fois-ci directement par les parents. Ces heures de cours, on appelle ça des cours particuliers ! Hé oui, à 30 élèves par cours, on perçoit la nuance entre particulier et individuel !

Les cours particuliers au collège, en plus du bachotage servent parfois aussi d’agence matrimoniale ! Les cours particuliers sont mixtes et à l’adolescence, ça donne des idées à certain(e)s.

Ce système (à notre avis totalement aberrant et injuste) est tellement ancré dans la mentalité des mauriciens et dans la volonté politique élitiste du gouvernement que si un professeur ne donne pas de cours particulier, il est considéré comme nul ! Ce système fonctionne dans tous les établissements qu’ils soient publics ou privés sous contrat.

Ce système scolaire abouti a des aberrations du type : une élève vient nous trouver pour du cancelling (écoute) dans le collège où on intervient tous les jeudis. Nous l’avions déjà vue une fois. Elle nous raconte que ces problèmes vont mieux mais qu’elle vient nous voir ce qui lui permet de sécher l’anglais, cours qu’elle déteste car elle ne comprend rien. Elle est en Form V c'est-à-dire l’année du SC (School Certificate). Nous lui demandons comment elle a pu arriver jusqu'à un tel niveau en ne comprenant pas l’anglais. Sa réponse est toute simple, pour le français, elle se débrouille, pour les mathématiques, elle a une amie qui peut lui expliquer et après elle arrive facilement à faire les exercices mais pour ce qui est des cours d’économie et d’anglais, elle attends que le temps passe…et apprend tout par cœur.

 

 

Par Marie-Pierre et Jean CANTIN - Publié dans : La vie Mauricienne - Voir les 1 commentaires
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Dimanche 8 juin 2008

        Depuis de mois de février, tous les jeudis matins, nous rencontrons, dans un collège de filles, une classe de Form I (équivalent 5ème) et trois classes de Form II (équivalent 4ème). Cela ce fait dans le cadre de la catéchèse, avec la paroisse de Cassis (quartier de la capitale Port-Louis). Les filles, qui ont entre 11 et 16 ans, sont issues des milieux populaires. Elles sont majoritairement chrétiennes (la plupart catholiques), les autres sont hindoues, musulmanes ou appartiennent à des sectes.

Le catéchisme au secondaire est pris en charge par les paroisses. La demande du curé de la paroisse et du directeur adjoint du collège est une éducation à l’amour, la sexualité et une prévention contre la drogue, l’alcool et le SIDA. En effet, chaque année trois ou quatre filles du collège (sur 500) tombent enceinte. De plus les situations familiales de ces filles sont très complexes et peu propice à la construction de repères solides. Nous avons aussi eu connaissance de ce qu’avait fait les volontaires qui étaient avant nous. Nous avions carte blanche pour faire notre programme. Toutefois, le proviseur adjoint souhaitait que nous rencontrions les Form III après avoir fini avec ces quatre classes là. Avec tout cela, nous avons donc préparé un programme sur dix séances. Nous avons commencé par faire un questionnaire anonyme, ce qui a permis aux filles d’être totalement libre dans leurs réponses et nous de mieux les connaître. Ensuite, avec leur participation active, nous avons réfléchit sur la différence entre l’Homme et l’animal, pour aboutir à la conclusion que l’Homme a des désirs et une intelligence, l’animal a un instinct. Puis nous leur avons offert notre témoignage sur notre vie de couple et surtout de notre adolescence et notre vie de fiancé. Nous leur avons expliqué l’importance de prendre le temps et surtout de choisir son futur mari. Ensuite, à l’aide d’un DVD réalisé par différentes associations locales, nous leur avons expliqué les transformations et le fonctionnement de leur corps d’ado (version garçon et fille). Enfin, nous avons terminé par le SIDA (explication et prévention). Nous avons mis en avant que même si le préservatif est un moyen efficace pour se protéger du SIDA, la seule méthode efficace à 100% (par la voie sexuelle) est l’abstinence, d’autant plus quand on n’a que 13 ou 14 ans !

Dans la même matinée, après ces cours, nous faisons aussi du canceling (écoute), où les filles qui le souhaitent nous rencontrent individuellement et nous partagent leurs problèmes. Ainsi, nous avons découvert des réalités que nous ne soupçonnions pas : des pères alcooliques ou toxicomanes et parfois violents ; une maman qui nie totalement l’existence de sa fille au point de la dire morte ; une mère qui bat sa fille ; mais aussi moins tragique mais qui occupe énormément l’esprit de ces filles adolescentes : des histoires de garçons…

Travaillant dans un collège, nous avons aussi pris conscience du système scolaire mauricien mais nous parlerons de ceci plus en détails dans un autre article.

A ce jour, nous avons terminé nos séances avec la classe de Form I et les trois de Form II. Certaines classes étaient très passives, participants peu mais avec le temps, la confiance s’est installée et elles ont posées des questions très intéressantes. A l’inverse, d’autres classes étaient très agitées mais ont su garder le silence pendant le témoignage. Très impressionnant. Afin de faciliter les questions, nous avions instauré un système de petits papiers anonymes et à la séance suivante, nous répondions aux questions.

Les questions portaient soit sur notre témoignage soit sur d’autres thèmes. Voici quelques exemples en guise de conclusion :

Est-ce que vos parents ont accepté le mariage ? Dans votre vie de couple, avez-vous eu des disputes ? Pourquoi, quand une fille catholique aime un garçon tamoul les parents ils acceptent pas ?(sic) Pourquoi on n’a pas le droit d’aimer un garçon à 14 ans alors que l’on peut mourir à n’importe quel âge ? Si quelqu’un nous dit qu’il nous aime, comment savoir si c’est vrai ou faux ? Comment savez-vous que Jésus ou Dieu a existé ? Comment savez-vous comment Jésus était ? Et dans la version provoc : Pour Marie-Pierre : Est-ce que vous êtes fidèle ; Est-ce que vous avez déjà trompé Jean, avec un autre garçon ; et avec une fille ?

Ceci n’est que quelques exemples mais il montre bien l’intérêt que les filles ont pu porter au sujet de l’Amour, du couple, et comment cela les rejoint dans leur vie.

Par Marie-Pierre et Jean CANTIN - Publié dans : Nos activités - Voir les commentaires
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Vendredi 9 mai 2008

 Cela fait déjà huit mois que nous sommes à Maurice au service de la paroisse Sainte Anne - Sainte Odile. Nous avons poursuivi les actions de nos prédécesseurs comme les cours de computer, des cours de valeurs humaines et une permanence d’écoute dans un collège de fille de la capitale ou aider le service Caritas de la paroisse. De par nos formations respectives, Marie-Pierre aide au service santé de Sainte Anne et a créé un nouveau service santé à Sainte Odile. Elle donne de temps en temps des cours de premier secours. Quant à lui, Jean donne des cours de cuisine et de pâtisserie pour les paroissiens.

  Puis nous avons découvert les problèmes de Maurice comme la consommation importante de  drogue (héroïne). Nous avons donc rencontré Cadress Rungen, le groupe A de Cassis et Lacaz A (A comme Accueil, Amour, Amitié) qui lutte contre la drogue et l’alcool ainsi que les conséquences. Depuis trois ans, ils organisent un pèlerinage Anti-DAVIS. L’an dernier, nous avons assisté à quelques pèlerinages sur la capitale et depuis le début de l’année, avec une équipe d’une dizaine de paroissiens nous sommes en train de constituer une équipe de soldats pour organiser le pèlerinage et le post pèlerinage sur la paroisse.

  Nous donnons aussi un peu de notre temps pour les scouts, les guides, le conseil pastoral des jeunes (CPJ) et toutes autres activités où les paroissiens nous sollicitent. Notre paroisse fête son jubilé le 26 juillet 2008 ce qui donne beaucoup de possibilités pour s’investir.

  Nous nous sommes rendus compte que découvrir et comprendre un peu le fonctionnement de la culture mauricienne, afin de servir au mieux ce peuple attachant, prenait du temps. Cela nous a amené, il y a déjà quelques temps, à envisager de rester une deuxième année afin de continuer les projets que nous avons mais aussi de renforcer les amitiés qui se tissent. Mi Avril, nous avons eu la confirmation de la prolongation de notre contrat auprès de la paroisse de Sainte Anne-Sainte Odile pour un an.

  Grâce à cette prolongation, nous pourrons continuer de construire une solide équipe de soldats pour le programme Anti-DAVIS mais également de créer une école de cuisine pour Jean ou de consolider le service santé de Sainte Odile pour Marie-Pierre.

  Toutefois, cette prolongation impliquait pour nous un passage en France pour voir nos familles et surtout nos grands-parents qui sont âgés. Ainsi, nous rentrons en France du 29 juin au 22 juillet. Même si le temps sera compté (3 semaines, c’est court), peut-être aurons nous l’occasion de se voir ? 

Par Marie-Pierre et Jean CANTIN - Publié dans : Nos activités - Voir les commentaires
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Mercredi 23 avril 2008

A notre retour de vacances, nous avons appris une bonne nouvelle : nous sommes une nouvelle fois oncle et tante ! En effet, Estelle et Emmanuel (premier frère de Jean) ont eu leur deuxième enfant le 10 avril. C’est une petite fille qui s’appelle Apolline. Elle est en bonne santé et nous sommes très heureux qu’elle ait pu attendre la mi-avril pour nous montrer le bout de son nez !

Félicitations aux parents et aussi au grand frère (Armand) pour l’accueil d’Apolline.   

Par Marie-Pierre et Jean CANTIN - Publié dans : Divers - Voir les commentaires
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Mercredi 23 avril 2008

        Voilà déjà 7 mois que nous sommes à Maurice. Du 4 au 20 avril, c’était les vacances scolaires. Nous en avons donc profité pour prendre une semaine de vacances et aller faire un petit tour en France. Oh, pas bien loin, juste à 220 km au sud-est : à la Réunion ! Cette île, un peu plus grande que Maurice, est un petit coin de France au milieu de l’océan indien. En effet, nous avons retrouvé les routes françaises avec trottoirs ; les autoroutes sécurisées - où il n’y a personne qui traverse à pied ou à vélo ; les panneaux de signalisations français ; les enseignes françaises ; la baguette française et aussi des bannettes…La réunion est bien française jusque dans les conversations : « travailler plus pour gagner plus… ». Toutefois, il y a aussi de nombreux points communs avec Maurice au niveau de la culture, de l’histoire (esclavage…), des repas (composé de riz, grains et cari viande),…

Bien que Maurice et la Réunion soient deux îles sœurs, elles sont loin d’être jumelles et les rapports entre les deux peuples présente parfois quelques animosités.

Maurice a quelques montagnes dont le sommet culmine à 828 mètres. Par contre, la Réunion est un ensemble de deux massifs montagneux volcaniques : un ancien avec le piton des neiges et trois cirques (Salazie, Cilaos, Mafate) et un récent où le piton de la fournaise est un volcan toujours très actif (en moyenne une éruption tous les 10 mois).

Pendant ces 8 jours, nous avons eu l’occasion de passer un peu de temps avec des amis alsaciens en vacances sous les tropiques et, avec eux, de voir le résultat des coulées de laves au pied du volcan. Ensuite nous avons passés une semaine de randonnée dans les trois cirques mais tout particulièrement Mafate. Tous sont très beaux et différents. Les paysages sont superbes et vous pouvez en avoir un petit aperçu sur les photos même si elles sont en deçà de la réalité. Mafate est un cirque uniquement accessible à pied ou en hélicoptère. A peu près 800 français y habitent. La plupart des mafatais sont des descendants d’esclaves marrons (esclaves fugitifs).
          Nous avons donc marché entre 4 et 6 h 30 par jour et vu des paysages très variés. Parfois très verts, parfois très rocheux, quelques rares pentes douces, de nombreuses côtes abruptes avec beaucoup d’escaliers sur le chemin. Pour faire 3 kilomètres (vol d’oiseau), il fallait parfois trois heures car il faut passer trois montagnes donc monter et descendre 3 fois pour arriver à la même altitude ! Contrairement à Maurice, il n’y a pas ou très peu de plat.

Etant en altitude et dormant dans des gîtes d’étapes, nous avons eu l’occasion de dormir avec des couvertures (6 mois qu’on ne l’avait pas fait !). Et comme la Réunion est française, nous avons eu froid J : 2°C en haut du piton des neiges, sommet de la Réunion culminant à 3069 m ! Mais nous avons été récompensé de notre effort par un magnifique lever de soleil.

  Depuis le 15 avril, le travail a repris, avec toutefois quelques douleurs dans les cuisses et les mollets les premiers jours! 
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Par Marie-Pierre et Jean CANTIN - Publié dans : Vacances - Voir les 1 commentaires
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